jeudi 19 juillet 2012

La "Tabula Smaragdina Hermetis"


L’emblème hermétique de la Tabula Smaragdina Hermetis

À partir de la fin du XVIème siècle, la Table d’émeraude est souvent accompagnée d’une figure symbolique, appelée Tabula Smaragdina Hermetis.

Cette figure est entourée d’une acrostiche en latin « Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem » (« visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée »), dont les sept initiales forment le mot VITRIOL (ancien nom de l’acide sulfurique).

En haut le soleil et la lune se déversent dans une coupe au-dessus du symbole du mercure. Autour de la coupe mercurielle, les quatre autres planètes, association classique entre les sept planètes et les sept métaux : Soleil/Or, Lune/Argent, Mercure/mercure, Jupiter/étain, Mars/fer, Vénus/cuivre, Saturne/plomb, qui étaient aussi reliés par des couleurs traditionnelles (or, argent, gris, bleu, rouge, vert, noir) aux sept mots de l’acrostiche dans les premières versions du symbole.

Au centre, figurent un anneau et un globe impérial, et en bas les sphères du ciel et de la terre (autant d’allusions au macrocosme et au microcosme). Trois écussons représentent d'après le poème les trois principes (tria prima) de la théorie alchimique de Paracelse par les associations Aigle/Mercure/Esprit, Lion/Soufre/Âme et Étoile/Sel/Corps.

Enfin deux mains prophétiques encadrent l’image et « attestent par serment le vrai fondement et la vraie doctrine ».

La plus ancienne reproduction connue est la copie datée de 1588-89 d'un manuscrit circulant alors de façon anonyme et écrit probablement dans la seconde moitié du xvie siècle par un paracelsien allemand. L’image était alors accompagnée d’un poème alchimique didactique en allemand, intitulé Du secret des sages, probablement du même auteur. Le poème en explique la symbolique en relation avec le Grand Œuvre, et les objectifs classiques de l'alchimie : fortune, santé et longue vie. Elle était seulement secondairement accompagnée du texte de la Table d’émeraude. Mais très rapidement, au cours du XVIIème siècle, le poème d’accompagnement disparaît dans les reproductions imprimées, et l’emblème devient, jusqu'à l'époque moderne, sous le nom de Tabula Smaragdina Hermetis, le symbole, ou la représentation graphique, de la Table d’émeraude, aussi antique qu’elle.

Ainsi par exemple en 1733 selon l’alchimiste Ehrd de Naxagoras (Supplementum Aurei Velleris), on fit à la mort d’Hermès une « plaque d’émeraude précieuse », gravée d’inscriptions et du symbole, et retrouvée dans la vallée de l’Ébron par une femme nommée Zora. On situe cette emblème dans la tradition mystérieuse des hiéroglyphes égyptiens, et dans l’idée des platoniciens et alchimistes de la Renaissance que les « secrets les plus profonds le nature ne pouvaient être exprimés de façon appropriée que suivant un mode de représentation obscur et voilé ».

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